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Elle voulait juste marcher tout droit, de Sarah Barukh

Elle voulait juste marcher tout droit, de Sarah Barukh aux Éditions Albin Michel/Livre de poche.

Quatrième de couverture

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son tatouage énigmatique sur le bras.
C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de sa propre histoire, et quitter à jamais l’enfance.
Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie, Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.

Mon opinion :

Attention, un roman déstabilisant, bouleversant, mais tellement réussi. Sarah Barukh nous fait découvrir l’envers du décor sur ces enfants qui ont été confiés pendant la guerre pour leur sécurité à des nourrices. Le point de vue de cette période et du retour des survivants par une enfant est absolument surprenant. Après 7 ans d’absence, Alice se retrouve confrontée à une inconnue qu’on lui présente comme étant sa mère. Elle entre dans une vie de non-dit et de questionnement permanent et jamais personne ne répond à ses interrogations. Dès les premières pages, je me suis attaché à Alice et à son histoire. J’ai souffert avec elle le déchirement de la séparation d’avec Jeanne, sa nourrice. J’ai été peinée de ce rendez-vous manqué avec sa maman. J’ai été touché par ce tête-à-tête avec Vadim, aveugle à la suite d’un accident lors du débarquement, il est aigri, en colère, il ne supporte plus cette vie. J’ai adoré leur fuite et l’amour qui a résulté de leur duo. J’ai été émue par la fin donnée à cette histoire. Merci, Sarah Barukh pour cette magnifique rencontre.

Citation :

P 77 : — C’est quoi un juif ? Ils ont dit que Thomas était juif.

— C’est une religion, comme on est catholique par exemple.

— Moi j’en connais des juifs ?

— Tu en connais au moins deux !

Alice la regarda, étonnée.

— Thomas et Jésus. Jésus aussi était juif.

Alice n’en revenait pas. Puis elle fut prise de doutes :

— Mais les Allemands, ils sont de quelle religion ?

— Souvent catholiques, protestants…

— Alors ils croient en Jésus ?

— Pour beaucoup, oui.

— Alors pourquoi ils n’aiment pas les juifs ?

P 171 : Un plus grand appartement. Ce qu’Alice comprit lui fit peur. Monsieur Marcel avait perdu sa femme et ses filles pour qu’une dame ait quelques pièces en plus. C’était insensé !

P 401 : Je ne sais comment vivre en sortant de là… Tout est trop absurde. Je crois que je vivrai toujours avec le camp. Que je fasse le choix d’y penser, d’en parler, ou le contraire, tout se situe par rapport à lui.

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